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L'art de ne rien faire: pourquoi l'ennui est il vital pour l'esprit?

Aujourd'hui, notre société ne supporte plus le vide et nous incite à chercher le plaisir immédiat dans tout ce que nous faisons. Dès que l'ennui arrive, nous paniquons. Mais ne rien faire est en réalité une nécessité! C'est lorsque l'on s'ennui que tombe le masque social -ce personnage que l'on joue pour les autres- pour laisser émerger ce que nous ressentons vraiment au fond de nous.


Mais pourquoi avons nous si peur de ne rien faire?


Souvent, l'hyperactivité fonctionne comme un écran de fumée. Tant que nous sommes occupés, nous n'avons pas à affronter le silence, ni les questions parfois inconfortables qui surgisse quand le bruit s'arrête.

Remplir chaque seconde de sa journée, c'est s'assurer que notre monde intérieur - nos doutes, nos désirs profonds, nos fragilités- restent sagement à la porte. Ne rien faire, c'est accepter une rencontre avec soi-même, sans le filtre des obligations.


La vie psychique a besoin d'absence pour exister. Si nous comblons chaque instant de vide (par une vidéo, un achat, une tâche ménagère...) nous saturons notre esprit.


Imaginons notre esprit comme une partition de musique: sans silence entre les notes, il n'y a pas de mélodie, seulement un bruit continu.

S'autoriser à ne rien faire, c'est recréer cet espace de manque, indispensable pour que de nouvelles envies, plus authentiques, puissent naître.


l'ennui n'est pas le contraire de l'action mais le terreau de la créativité. Quand nous laissons notre esprit vagabonder sans but précis, nous passons du mode "réaction" au mode "création" . C'est dans ces moments de flottements que les idées se lient entre elles de façon inattendues.


Bien sûr, il ne s'agit pas de méditer de façon rigide, mais de s'approprier de petits espaces de liberté dans la vie courante, comme par exemple, un trajet sans écran à regarder le paysage ou les passants, sans but précis; ou encore d'être dans une file d'attente en acceptant seulement d'être là, présent à soi-même.


Réhabiliter l'art de ne rien faire, ce n'est pas faire l'apologie de la paresse. C'est une question de santé psychique. C'est en acceptant de perdre un peu de temps

, que l'on gagne en profondeur et en liberté. Il n'y a rien à craindre du vide car c'est là que nous commençons à exister vraiment, hors du regard et des attentes des autres.


Aurore Andrieux - Psychanalyste.


 
 
 

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